Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash

accueil

Ets Pierre Robert & Cie - depuis 1934

Scierie - Import. Export - Bois de pays - Bois exotique
accueil

Chênes de Morat ...des chênes d'exception.


Le Vieux Morat - 17 février 2011

Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash

Le Chêne de Morat - 20 janvier 2006

"L'article 163, en forêt domaniale de Tronçais à Saint-Bonnet, comprenant un seul chêne de 12 m3, diamètre 130, est adjugé aux Etablissements Robert, d'Ardentes dans l'Indre, pour la somme de 37.990 euros".

Ainsi, le chêne de Morat quitte-t-il ses voisins et amis forestiers ce mardi 18 Octobre à Cérilly (Allier), à l'âge de 340 ans et sous les applaudissements des acheteurs et observateurs présents.

Une révérence de forestier:

"Je connais ce chêne depuis ma plus jeune enfance, car j'accompagnais mon père en forêt de Tronçais estimer les bois dont nous avions besoin à la scierie", confie Bertrand Robert.

"Aujourd'hui, j'ai repris la scierie et ce chêne exceptionnel est mis en vente. Nous l'avons estimé trois fois, et ce n'est pas sans émotion que nous avons soumissionné en même temps que quatorze de nos collègues".

Et quels prix proposés ! 37 990 euros en meilleure offre, 35 221 euros et 31 999 euros en seconde et troisième, soit 3 165 euros du m3. "Ce n'est pas uniquement pour sa valeur commerciale que nous l'avons acheté, car effectivement le prix proposé au mètre cube n'est pas en rapport. Nous sommes forestiers et scieurs depuis plusieurs générations, et nous connaissons bien l'empreinte du temps. C'est pourquoi nous souhaitions l'acquérir et lui tirer notre révérence de forestiers,en lui garantissant un avenir digne de ce nom."



Un témoin «muet» de l'Histoire...

En a-t-il vécu des événements, et en raconterait-il, s'il le pouvait !

Tout commence pour lui en 1527, sous François 1er, quand la forêt de Tronçais est rattachée au domaine royal par la confiscation des biens de Charles III, duc de Bourbon. En 1635 Jean-Baptiste Colbert, ministre de Louis XIV, fait procéder à un état des lieux. Puis à partir de 1670, la réformation du massif est entreprise et petit à petit, la forêt passe en coupe avec le maintien de 20 chênes à l'hectare. Le chêne de Morat est l'un d'entre eux et constitue ce que l'on appelle aujourd'hui la Futaie Colbert. En plus des réformateurs de Colbert venus remettre de l'ordre dans la forêt, il a vécu l'aventure des forges et le transport du minerai de fer et du charbon de bois à dos de mulet vers les forges de Morat (tout proches et dont il fut l'un des rescapés), la première coulée de fonte en mars 1790 ainsi que les premiers fers affinés. Il fut aussi témoin de la mise en place du Code forestier en 1827, et du premier plan de gestion de la forêt rédigé par le comte de Buffévent. Enfin il a connu six monarchies, deux empires et cinq républiques. Et bon nombre de forestiers anonymes dont les premiers étaient issus de l'Ecole royale des Eaux et Forêts de Nancy créée en 1824.

... Et des pratiques sylvicoles

Sa vigueur étonnante et sa qualité ont incité les forestiers successifs à allonger, petit à petit, son âge d'exploitabilité. Sa parcelle de situation est finalement ouverte en régénération en 1984, et la coupe définitive le prive de ses voisins en 1995. Les forestiers décident alors de le conserver comme arbre remarquable le plus lontemps possible. Il est finalement frappé par des attaques de grand capricorne, et il présente aujourd'hui une déficience physiologique marquée. La sylviculture, aussi fine soit-elle, ne peut empêcher l'emprise des années. L'ONF décide alors, en toute connaissance de cause, de le marteler et de le commercialiser.

En se portant acquéreur, Bertrand Robert fait entrer la scierie qu'il dirige dans l'histoire de ce témoin des temps.

Une seconde vie

"Bien évidemment, je le valoriserai le plus possible, mais je ne sais pas encore sous quelle forme : bois d'oeuvre, tranchage, tonnellerie ?", commente Bertrand Robert. "J'ai toutefois une préférence pour la dernière solution, et notamment vers une entreprise que la valeur et la qualité ne laissent pas indifférente". Il est vrai que les diamètres et qualité exceptionnels de cet arbre conviennent aux exigences de l'élevage des vins et des eaux-de-vie : bois de première qualité, droit de fil, sans noeuds ni picots, avec peu d'aubier et des cernes réguliers. Un vrai grain fin de l'Allier. Or on sait que, depuis quelques années, la course au grain fin, voire de plus en plus fin, s'est imposée pour la tonnellerie. Les origines les plus prisées sont, entre autres régions, celles du Centre France.

Et si telle est sa destination, quelle note aromatique apportera ce chêne au vin qu'il aura vieilli ? Seuls les dégustateurs avertis pourront dire si le chêne de Morat a, à l'issue de sa très longue vie, donné à un vin prestigieux (naturellement) un goût de clou de girofle, de noix de coco ou de vanille. A moins qu'il ne vienne orner, comme un tableau qu'on expose, la vie quotidienne de celles et ceux qui se seront offert un meuble ou autre bijou, fabriqué avec un matériau bois chargé d'histoire, de connaissances et pratiques forestières très pointues.

En attendant de savoir ce que sera sa seconde vie, des entrepreneurs de travaux forestiers de la région Centre, professionnels qualifiés, assureront dans quelques mois son passage de la forêt à la première transformation.


"Ce jour-là, les professionnels de la forêt ou du bois seront conviés à lui rendre un dernier hommage", assure Bertrand Robert.


Article écrit par Annick Lavayssière dans «Le Bois International»

Contact  -  Accueil  -  Liens
  
Mentions Légales - Copyright 2010 - Conception GC Concept